Aller au contenu
Mutuelle Santé GuideMutuelle Santé Guide
Complémentaire

Puis-je rester sans mutuelle ? Ce que vous risquez vraiment en 2026

Puis-je rester sans mutuelle ? Légalité, restes à charge réels, hospitalisation, profils concernés et alternatives gratuites : tout ce qu'il faut savoir

Raphaël MoreauRaphaël Moreau 18 min de lecture
Prix d'une hospitalisation avec ou sans mutuelle ? Je vous explique ce que rembourse la sécu

Rester sans mutuelle est légal pour la plupart des Français, sauf les salariés du privé couverts obligatoirement par l'accord ANI. Sans complémentaire santé, la Sécurité sociale rembourse 70 % d'une consultation et 80 % des frais d'hospitalisation (forum-assures.ameli.fr, 2018), laissant à votre charge le ticket modérateur, le forfait journalier de 20 € par jour et les dépassements d'honoraires. Les soins dentaires et optiques concentrent les restes à charge les plus élevés.

Puis-je rester sans mutuelle ? La réponse est oui, sauf si vous êtes salarié du privé : l'ANI impose une complémentaire santé d'entreprise. Mais la vraie question n'est pas la légalité : c'est le montant des restes à charge que vous devrez assumer seul. Environ 2,5 millions de personnes vivent sans couverture complémentaire en France (DREES, 2019, cité par April, 2024). Certaines par choix, d'autres par contrainte financière. Voici, poste par poste, ce que la Sécurité sociale laisse à votre charge et les alternatives qui existent.

Non, il n'est pas illégal de vivre sans mutuelle pour la grande majorité des Français. Aucun texte n'oblige un particulier, en tant que citoyen, à détenir une complémentaire santé. La Sécurité sociale constitue la couverture de base obligatoire, et tout assuré social y a droit dès lors qu'il cotise ou qu'il est rattaché à un ayant droit.

En pratique, cela signifie qu'un travailleur indépendant, un retraité, un étudiant ou un demandeur d'emploi peut parfaitement décider de ne pas souscrire de mutuelle. Il sera remboursé par l'Assurance maladie selon les taux légaux, sans pénalité ni sanction.

Ce principe souffre une exception majeure, instaurée en 2016, qui concerne plusieurs millions de personnes. La connaître évite de se retrouver en infraction vis-à-vis de son employeur.

Avant d'explorer cette exception, un point de vocabulaire : la « mutuelle » au sens strict désigne un organisme à but non lucratif régi par le code de la mutualité. Dans le langage courant, le terme recouvre toutes les complémentaires santé, qu'elles soient vendues par une mutuelle, une assurance ou une institution de prévoyance.

La règle générale : aucune obligation pour les non-salariés

Le droit français ne contraint pas les particuliers à détenir une complémentaire santé. L'affiliation à la Sécurité sociale est obligatoire : elle découle de l'activité professionnelle ou de la résidence stable en France : mais la couverture complémentaire relève d'un choix individuel.

Cette liberté vaut pour les travailleurs indépendants, les professions libérales, les auto-entrepreneurs, les retraités, les étudiants de plus de 18 ans qui ne sont plus ayants droit, les demandeurs d'emploi, et les personnes sans activité professionnelle. Tous ces profils peuvent légalement rester sans mutuelle.

La conséquence est simple : en cas de soins, l'Assurance maladie applique ses taux de remboursement légaux et le patient assume seul la différence : le ticket modérateur, les franchises, les participations forfaitaires et les éventuels dépassements d'honoraires.

L'exception ANI : salariés du secteur privé obligatoirement couverts

Depuis le 1er janvier 2016, l'Accord national interprofessionnel (ANI) impose à tout employeur du secteur privé de proposer une complémentaire santé collective à ses salariés. Le salarié ne peut pas la refuser, sauf dans des cas limitativement énumérés par la loi.

Les cas de dispense autorisés incluent : les salariés déjà couverts par une mutuelle individuelle (jusqu'à l'échéance du contrat), les salariés en CDD de moins de 3 mois, les salariés à temps partiel dont la cotisation dépasserait 10 % de leur rémunération, et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (CSS).

L'employeur finance au minimum 50 % de la cotisation. Le reste est prélevé sur le salaire. Pour un salarié qui souhaiterait résilier sa mutuelle d'entreprise hors cas de dispense, la réponse est claire : ce n'est pas possible sans risquer une sanction disciplinaire. Pour approfondir les conséquences d'une absence de couverture, consultez les vrais risques financiers de l'absence de mutuelle.

Cas particuliers : fonctionnaires, auto-entrepreneurs, étudiants

Les fonctionnaires ne sont pas soumis à l'ANI. Ils peuvent souscrire une complémentaire à titre individuel, ou bénéficier d'une participation de leur employeur public dans le cadre de la protection sociale complémentaire (PSC) qui se déploie progressivement depuis 2022. Sans mutuelle, leur régime obligatoire les couvre selon des modalités proches du régime général.

Les auto-entrepreneurs et indépendants relèvent du régime général depuis 2018. Rien ne les oblige à prendre une mutuelle. Certains choisissent un contrat Madelin, déductible fiscalement, mais il s'agit d'une faculté.

Les étudiants perdent le statut d'ayant droit à 18 ans dans certains régimes. Dès lors, ils sont affiliés à titre personnel à la Sécurité sociale. Beaucoup ignorent qu'ils peuvent bénéficier de la CSS sous conditions de ressources, ou de contrats étudiants à tarifs réduits. Sans mutuelle, une consultation chez le généraliste à 30 € leur coûte environ 11 € de leur poche après remboursement Sécu.

Ce que la Sécurité sociale rembourse vraiment sans mutuelle

Beaucoup sous-estiment ce que l'Assurance maladie prend en charge seule. Le taux de remboursement affiché est trompeur : il s'applique à une base de remboursement (BR), pas au prix réel payé. Pour une consultation chez le généraliste à 30 €, la Sécu rembourse 70 % de cette somme, soit 21 €, desquels il faut retrancher la participation forfaitaire de 2 €. Résultat : 19 € remboursés, 11 € restant à votre charge.

Le tableau ci-dessous détaille les principaux postes de soins. Constat immédiat : le ticket modérateur (20 à 30 %) n'est pas le seul poste de reste à charge. Les dépassements d'honoraires, le forfait journalier hospitalier et les franchises s'y ajoutent.

Pour une vue complète des montants en jeu, lisez qui paye quand on n'a pas de mutuelle.

Consultation, médicaments : la Sécu couvre l'essentiel

Sur les soins courants, la couverture de base reste significative. Une consultation chez un généraliste secteur 1 (30 €) laisse un reste à charge de 11 € après remboursement et participation forfaitaire. Les médicaments remboursables à 65 % laissent 35 % à votre charge, plus la franchise de 1 € par boîte.

Le plafond annuel cumulé des franchises et participations forfaitaires atteint 100 € par an (50 € de participation forfaitaire + 50 € de franchises). Passé ce seuil, la Sécu rembourse intégralement les actes dans la limite de ses taux. Une personne en bonne santé qui consulte peu ne dépassera probablement pas ce plafond.

Les analyses médicales et les actes d'imagerie sont généralement remboursés à 70 % sur la base conventionnée. Pour une prise de sang courante facturée 20 €, le reste à charge tourne autour de 6 €.

Hospitalisation sans mutuelle : le forfait journalier et les 80 % remboursés

La Sécurité sociale rembourse 80 % des frais d'hospitalisation (source : forum-assures.ameli.fr, 2018). Les 20 % restants constituent le ticket modérateur, entièrement à votre charge en l'absence de mutuelle.

À cela s'ajoute le forfait journalier hospitalier de 20 € par jour (15 € en service psychiatrique), dû pour chaque jour de présence, y compris le jour de sortie. Une hospitalisation de 5 jours génère donc 100 € de forfait, auxquels s'ajoutent 20 % du coût total du séjour. Pour un séjour dont le coût s'élève à 7 500 €, le ticket modérateur représente 1 500 €, soit un reste à charge total de 1 600 € avec le forfait.

Si vous souhaitez en savoir plus sur les différentes options, une mutuelle pour hospitalisation uniquement peut vous offrir une couverture ciblée.

Le forfait journalier n'est jamais remboursé par la Sécurité sociale, même en affection de longue durée (ALD). Seule une mutuelle ou la CSS le prend en charge. Pour une analyse détaillée, voyez le reste à charge réel d'une hospitalisation sans mutuelle.

Attention : en cas d'hospitalisation imprévue, le ticket modérateur de 20 % peut représenter plusieurs milliers d'euros pour une intervention chirurgicale lourde. Ce n'est pas un risque théorique.

Soins dentaires et optique : les vrais trous dans la raquette

Sur ces deux postes, les remboursements de la Sécu sont faibles, voire symboliques. Une couronne dentaire en céramique coûte couramment 600 €. La base de remboursement de la Sécurité sociale est d'environ 120 €, sur laquelle elle rembourse 70 %, soit 84 €. Reste à charge : plus de 500 €.

Le dispositif 100 % Santé change la donne, mais uniquement sur les équipements aux prix plafonnés. Une couronne 100 % Santé sur une dent visible est facturée au maximum 500 € (panier plafonné) et intégralement remboursée par la Sécu et la mutuelle. Sans mutuelle, la Sécu rembourse sa part (70 % de la base) mais le ticket modérateur demeure.

En optique, le constat est plus sévère : la base de remboursement d'une monture est inférieure à 3 €. Les verres simples sont remboursés quelques euros. Sans mutuelle, une paire de lunettes à 300 € laisse un reste à charge proche du prix total, sauf à choisir des équipements 100 % Santé strictement dans les paniers à prix limités.

L'essentiel

  • Sans mutuelle, une hospitalisation de 5 jours peut laisser un reste à charge supérieur à 1 500 € entre le ticket modérateur et le forfait journalier
  • La CSS (Complémentaire santé solidaire) est gratuite pour un plafond de revenus à 10 421 € par an pour une personne seule en 2026
  • Les délais de carence rendent inutile une souscription en urgence : les soins déjà programmés ne seront pas couverts
  • Le 100 % Santé permet un reste à charge zéro en dentaire et optique, mais uniquement sur des équipements aux prix plafonnés
  • Environ 2,5 millions de Français vivent sans complémentaire santé, dont une partie par choix assumé (DREES, 2019)

Pas de mutuelle : quels risques financiers concrets ?

Parler de « risque » sans chiffres n'aide personne. Voici un scénario réaliste, construit sur des tarifs observés en 2026, qui illustre l'accumulation des restes à charge sur une année.

Le profil : une personne de 38 ans, salariée non couverte par l'ANI (indépendante), en bonne santé habituelle. Au cours de l'année, trois événements de soins surviennent : une hospitalisation programmée de 5 jours pour une intervention bénigne, deux consultations chez un spécialiste secteur 2, et la pose d'une couronne dentaire hors 100 % Santé.

Le total dépasse rapidement ce que la plupart des gens imaginent.

Scénario chiffré : une année sans mutuelle, trois postes de dépenses

Prenons un cas concret, avec les hypothèses suivantes :

  • Hospitalisation 5 jours : coût du séjour 7 500 €. Ticket modérateur (20 %) = 1 500 €. Forfait journalier = 5 × 20 € = 100 €. Total hôpital = 1 600 €.
  • Deux consultations spécialiste secteur 2 : 70 € la consultation. Base de remboursement Sécu : 30 €. Remboursement : 70 % × 30 € = 21 €, moins 2 € de participation forfaitaire = 19 € remboursés par consultation. Reste à charge : 51 € × 2 = 102 €.
  • Couronne dentaire céramique : 600 €. Base Sécu ~120 €. Remboursement à 70 % = 84 €. Reste à charge = 516 €.

Addition : 2 218 € de restes à charge cumulés sur l'année. C'est l'équivalent d'une cotisation mensuelle de mutuelle de 185 €, mais concentré sur quelques mois. Sans épargne de précaution, ces montants sont difficiles à absorber.

Cet exemple n'a rien d'extrême. Une hospitalisation, deux consultations chez un spécialiste et une couronne : c'est le quotidien de nombreux Français sur une année.

Dépassements d'honoraires : le coût invisible des médecins secteur 2

Les spécialistes en secteur 2 pratiquent des honoraires libres. La Sécu rembourse sur la base du tarif conventionné (souvent 30 €), quel que soit le prix réel payé. La différence : le dépassement d'honoraires : n'est pas remboursée par l'Assurance maladie.

Pour un gynécologue facturant 70 €, le remboursement Sécu reste de 21 € (avant participation forfaitaire). Les 40 € de dépassement sont entièrement à la charge du patient sans mutuelle. Pour un dermatologue à 90 €, l'écart atteint 60 €.

Certaines mutuelles prennent en charge ces dépassements jusqu'à un certain plafond (200 %, 300 % de la base de remboursement). Sans mutuelle, choisir un praticien secteur 1 devient une nécessité budgétaire. L'annuaire Ameli permet de filtrer les médecins par secteur conventionnel.

Renoncement aux soins : une réalité documentée

Le risque le plus grave n'est pas toujours le reste à charge payé : c'est le soin qu'on ne fait pas. Les enquêtes de la DREES montrent que le renoncement aux soins pour raisons financières touche prioritairement les personnes sans complémentaire santé.

Les soins les plus souvent reportés sont les prothèses dentaires, l'optique et les consultations de spécialistes. Une carie non soignée devient une dévitalisation, puis une extraction. Une correction visuelle non réalisée dégrade la qualité de vie et peut affecter la sécurité au volant.

Ce renoncement n'est pas anodin : il transforme un petit reste à charge en problème de santé plus lourd, et potentiellement en dépenses bien supérieures quelques années plus tard. L'absence de mutuelle ne fait pas disparaître le besoin de soins ; elle le décale dans le temps, souvent en l'aggravant.

Rester sans mutuelle : qui peut raisonnablement s'en passer ?

La réponse honnête est qu'un profil très restreint peut envisager cette option sans prendre un risque financier excessif. Il ne suffit pas « d'être en bonne santé » : critère vague et imprévisible par nature. Des critères objectifs permettent d'évaluer la situation.

D'abord, une personne sans besoin optique ni dentaire lourd. Pas de lunettes, pas de prothèses en vue, des dents en bon état. Ensuite, un accès facilité aux praticiens secteur 1, qui évite les dépassements d'honoraires. Enfin, un budget de précaution disponible : entre 1 500 et 2 500 € mobilisables rapidement en cas d'hospitalisation imprévue.

Ce profil existe, mais il ne correspond pas à la majorité des Français. Pour tous les autres, une couverture même minimale : y compris la CSS gratuite : réduit significativement l'exposition financière. Comparer les mutuelles santé en 2026 permet d'identifier les contrats d'entrée de gamme, souvent inférieurs à 20 € par mois pour les jeunes adultes.

Pour trouver une solution adaptée à votre budget, découvrez comment obtenir une mutuelle pas chère.

Le profil type de la personne pour qui c'est envisageable

Concrètement, une personne jeune adulte (20-30 ans), sans pathologie chronique, sans correction optique, avec un bon état dentaire et vivant dans une zone où l'offre de soins en secteur 1 est abondante, peut statistiquement traverser plusieurs années sans reste à charge significatif.

Elle doit néanmoins intégrer qu'une appendicite, une fracture ou une dent cassée ne prévient pas. Le coût d'une hospitalisation de quelques jours reste le risque majeur : le ticket modérateur de 20 % et le forfait journalier s'appliquent même en cas d'urgence.

L'âge est un facteur déterminant. Passé 40 ans, la probabilité de soins dentaires et de consultations spécialisées augmente mécaniquement. Le profil « sans mutuelle tenable » se raréfie avec les années.

L'auto-assurance : mettre de côté plutôt que payer une cotisation

Certains choisissent de provisionner l'équivalent d'une cotisation annuelle sur un compte dédié. Avec une cotisation moyenne de 30 € par mois, cela représente 360 € par an. Après 5 ans sans incident majeur, la cagnotte atteint 1 800 €.

Cette stratégie n'est pas une recommandation, mais un calcul que certains font. Son talon d'Achille est le timing : une hospitalisation la première année vide immédiatement la réserve. Elle ne convient qu'à ceux qui disposent déjà d'une épargne de précaution conséquente, distincte de ce provisionnement.

À noter : l'auto-assurance n'a de sens que si le budget provisionné est réellement sanctuarisé. Le piège classique : puiser dans cette réserve pour un autre imprévu, et se retrouver sans filet le jour où un problème de santé survient.

Erreur courante : attendre d'être malade pour souscrire une mutuelle

C'est le réflexe compréhensible : on apprend un diagnostic, une opération est programmée, on se dit qu'il est temps de prendre une mutuelle. En pratique, cette stratégie échoue presque toujours.

La raison tient en deux mots : délais de carence. Ces clauses, inscrites dans tous les contrats de complémentaire santé individuels, suspendent la prise en charge de certains soins pendant une période définie après la souscription. Elles existent précisément pour éviter que les assurés ne s'affilient uniquement au moment où ils en ont besoin.

Il est important de noter qu'il n'est généralement pas possible de souscrire une mutuelle en cours d'hospitalisation en raison de ces délais.

Le résultat est doublement pénalisant : le patient paie la cotisation ET les frais médicaux, car la mutuelle ne couvre pas encore les soins liés à une pathologie diagnostiquée avant l'adhésion.

Les délais de carence : pourquoi souscrire au dernier moment ne fonctionne pas

Les délais de carence varient selon les contrats et les garanties. En hospitalisation, ils peuvent aller de 1 à 9 mois. En dentaire et optique, de 1 à 6 mois. Pendant cette période, les actes ne sont pas remboursés par la mutuelle.

Pire : pour les affections diagnostiquées avant la souscription, certaines mutuelles appliquent une exclusion de garantie pure et simple. Le contrat ne couvre jamais les conséquences d'une pathologie antérieure, même après expiration du délai de carence.

La seule parade est la souscription anticipée, quand on est en bonne santé, avec un contrat sans exclusion médicale. Les contrats responsables, qui représentent la quasi-totalité des contrats individuels en 2026, ne peuvent pas pratiquer de sélection médicale. Ils peuvent en revanche appliquer des délais de carence.

Portabilité Évin et chômage : la couverture gratuite que beaucoup oublient

En cas de licenciement (hors faute lourde), la loi Évin permet de conserver gratuitement la mutuelle d'entreprise pendant une durée égale à la période d'indemnisation chômage, dans la limite de 12 mois. Ce dispositif, appelé portabilité, est automatique si l'ancien employeur le met en œuvre.

Concrètement, un salarié licencié conserve sa couverture santé collective sans payer de cotisation supplémentaire pendant toute la durée de son indemnisation ARE. C'est un filet de sécurité puissant, mais temporaire.

À l'issue de la portabilité, l'ancien salarié peut souscrire un contrat individuel sans questionnaire médical ni délai de carence pour les garanties déjà couvertes par le contrat collectif. Cette disposition, aussi issue de la loi Évin, évite la rupture de couverture. Beaucoup d'anciens salariés ignorent ce droit et se retrouvent sans mutuelle par méconnaissance.

Je n'ai pas de mutuelle : quelles solutions gratuites ou à bas coût ?

Plusieurs dispositifs publics ou conventionnels permettent d'obtenir une couverture à coût nul ou très faible. Ils sont régulièrement ignorés par ceux qui en auraient le plus besoin.

La Complémentaire santé solidaire (CSS) et la mutuelle d'entreprise ANI constituent les deux piliers de cette couverture accessible. À cela s'ajoutent des aides ponctuelles, comme le chèque santé versé par certaines collectivités ou les contrats étudiants subventionnés.

Avant de renoncer définitivement à toute couverture, vérifier son éligibilité à l'un de ces dispositifs prend quelques minutes sur le site Ameli ou via un simulateur de droits.

La Complémentaire santé solidaire (CSS) pour les revenus modestes

La CSS (ex-CMU-C et ACS) propose une couverture gratuite ou à moins d'1 € par jour selon les revenus. En 2026, le plafond annuel pour bénéficier de la CSS gratuite est de 10 421 € pour une personne seule en métropole. La CSS avec participation financière est accessible jusqu'à 14 069 €.

La CSS couvre le ticket modérateur, le forfait journalier hospitalier, les franchises médicales, et donne accès au 100 % Santé sans reste à charge. Les dépassements d'honoraires restent à la charge de l'assuré, sauf cas particuliers.

La demande se fait en ligne sur le site de la CPAM, avec les revenus des 12 derniers mois. Le droit est attribué pour un an, renouvelable. C'est, de loin, la meilleure alternative gratuite à une mutuelle classique pour les foyers éligibles.

La mutuelle ANI : ce que l'employeur doit prendre en charge

Pour les salariés du privé, la mutuelle d'entreprise est obligatoire. L'employeur finance au moins 50 % de la cotisation de base. Le salarié ne peut pas refuser cette couverture, sauf dispense légale.

Le contrat collectif couvre au minimum un panier de soins défini par la réglementation (contrat responsable) : ticket modérateur intégral, forfait journalier sans limitation de durée, et un plancher de remboursement en optique et dentaire. Ces garanties, bien que parfois basiques, protègent des principaux restes à charge.

Pour un salarié au SMIC (1 867,06 € brut par mois en 2026), la part salariale de la mutuelle d'entreprise est typiquement de 15 à 30 € par mois, déduite du salaire net. Le reste est pris en charge par l'employeur.

Comparer les offres : la première étape avant de décider

Avant de conclure qu'une mutuelle coûte trop cher, un rapide exercice de comparaison s'impose. Les contrats d'entrée de gamme pour un adulte jeune se trouvent à partir de 10 à 15 € par mois. À ce tarif, la couverture hospitalisation est généralement incluse (ticket modérateur + forfait journalier), ce qui couvre à elle seule le risque financier le plus lourd.

Un comparateur en ligne sans engagement permet d'obtenir des devis en quelques minutes. Les garanties à privilégier quand on a un budget serré sont l'hospitalisation (avec prise en charge du forfait journalier) et le ticket modérateur sur les consultations courantes. L'optique et le dentaire haut de gamme peuvent attendre un contrat plus étoffé.

L'arbitrage entre « zéro mutuelle » et « mutuelle premier prix » se chiffre : 150 à 200 € de cotisation annuelle contre un risque de 1 600 € sur une seule hospitalisation. Le calcul parle de lui-même.

Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.

Questions sur les mutuelles

Est-ce grave de ne pas avoir de mutuelle ?

Ne pas avoir de mutuelle n'est pas un problème en soi si vous êtes en bonne santé, consultez peu, et disposez d'une épargne de précaution. En revanche, cela devient problématique dès qu'une hospitalisation survient : le ticket modérateur de 20 % et le forfait journalier de 20 € par jour restent intégralement à votre charge, ce qui peut représenter plus de 1 500 € pour un séjour de 5 jours. Le risque est surtout financier, pas médical.

Que faire si je suis hospitalisé sans mutuelle ?

En cas d'hospitalisation sans mutuelle, la Sécurité sociale rembourse 80 % des frais (forum-assures.ameli.fr, 2018). Les 20 % restants et le forfait journalier de 20 € par jour sont à votre charge. Demandez immédiatement à l'établissement un échéancier de paiement : les hôpitaux publics l'accordent quasi systématiquement. Vérifiez aussi votre éligibilité à la CSS ou à l'aide médicale d'urgence auprès du service social de l'hôpital.

Qui paye quand on n'a pas de mutuelle ?

Sans mutuelle, c'est l'Assurance maladie qui prend en charge les soins selon ses taux légaux : 70 % pour une consultation (30 €, soit 19 € remboursés après participation forfaitaire), 80 % pour l'hospitalisation (hors forfait journalier), 60 à 70 % pour les actes techniques et médicaments. Le patient assume seul le ticket modérateur, les franchises, la participation forfaitaire de 2 € par acte, le forfait journalier de 20 € et les éventuels dépassements d'honoraires.

Est-il possible de vivre sans complémentaire santé ?

Vivre sans complémentaire santé est possible, et environ 2,5 millions de Français le font (DREES, 2019). Cela suppose un profil sans besoins optiques ni dentaires, un accès aux praticiens secteur 1, et une épargne de précaution mobilisable. La CSS gratuite pour les revenus modestes et la mutuelle ANI pour les salariés du privé rendent cette situation évitable pour la plupart des gens. L'absence totale de couverture reste un pari risqué à moyen et long terme.

Prix d'une opération sans mutuelle : à quoi s'attendre ?

Le prix d'une opération sans mutuelle dépend de l'acte et de l'établissement. La Sécu rembourse 80 % des frais, mais les 20 % restants + le forfait journalier (20 €/j) sont à votre charge. Pour une intervention facturée 5 000 €, comptez environ 1 000 € de ticket modérateur, auxquels s'ajoutent les jours d'hospitalisation. Les dépassements d'honoraires du chirurgien (secteur 2)